Histoire

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Le Clydesdale, la fierté de l’ Écosse

La race est originaire du Lanarkshire, Clydesdale étant le nom ancien du comté. L’histoire de la race remonte au milieu du 18eme siècle, lorsque les chevaux autochtones du Lanarkshire furent croisés avec des étalons flamands afin d’obtenir plus de poids et de stature.

Le premier étalon, importé par le sixième Duc de Hamilton était bai brun. Le Duc en accorda l’utilisation gratuite à ses métayers. C’est à peu près à cette époque que John Paterson de Lochlyloch rapporta d’Angleterre un étalon flamand noir avec une liste blanche et des balzanes. L’expérience fut concluante, et le sang Lochlyloch devint rapidement célèbre et recherché. Il s’ensuivit une amélioration marquée chez les poulains et les pouliches présentés dans les diverses foires de la région.

Le prochain cheval réputé qui laissa une trace dans les registres fut Blaze, un étalon noir de 1,65m avec une tâche blanche sur la tête, appartenant à Monsieur Scott de Carstairs. En 1782, Blaze gagna le premier prix au concours d’Edimbourg et fut utilisé avec succès dans le Lanarkshire pendant de nombreuses années. On ne savait rien de ses antécédents, mais l’impression produite par sa forme, son style et son action fut celle d’un cheval au sang déjà bien entrainé.

La suite de l’histoire nous emmène du coté des pedigrees recensés. En effet, presque tous les Clydesdale dont l’ascendance est référencée peuvent remonter jusqu’à la jument dont nous allons parler à présent. En 1808, une vente eu lieu a Shots Hill Mill au cours de laquelle on vendait le lot de Monsieur Clarkson. Mr. Sommerville, de la ferme de Lampits, acheta une pouliche de 2 ans. Mr. Clarkson était un descendant de Mr. Paterson de Lochyloch, celui-là même qui importa l’étalon flamand. Il y a donc de bonnes raisons de croire que cet étalon eu son importance dans l’arbre généalogique de cette pouliche.

La pouliche donna naissance entre autres à un poulain noir. On le retrouve dans le pedigree des chevaux d’aujourd’hui, sous le nom de Thompson’s Black Horse ou Glancer. Il avait des balzanes sur les deux postérieurs. Il est aussi décrit comme ayant un corps puissant et régulier, et des jambes courtes et épaisses. Les os bien définis de celles-ci étaient frangés de longs poils soyeux. La jument de Lampits donna naissance plus tard à Farmers Fancy et Glancer I. D’aucuns pensent que les croisements fréquents entre les descendants de ces deux chevaux ont engendré des avantages durables pour la race.

D’autres juments célèbres, à la fois pour elles-mêmes et pour leurs poulains, furent Peggy, Kate et Jean. Jean, de Farmer’s Fancy donna naissance a une pouliche de Samson en 1860. Cette pouliche devint la célèbre et puissante baie brune Keir Peggy. En plus d’avoir eu cinq pouliches, Peggy eut quatre poulains, dont l’un fut Darnley, un bai profond avec très peu de blanc. Parmi les fils les plus connus de Darnley, on trouve MacGregor, Top Gallant et Flashwood. Le fils le plus remarquable de Top Gallants fut Sir Everard, qui lui même fut le père de Baron’s Pride.

Barons’s Pride fut le géniteur de l’un des chevaux les plus connus de la race: Baron de Buchlyvie, élevé par William McKeich, et fils de Young Maybloom en 1900. Ce cheval fut vendu aux enchères à Ayr au mois de décembre 1911 à William Dunlop de Dunure Mains pour la somme de £9,500. L’équivalent de cette somme aujourd’hui serait d’environ £27,5000 en parité de pouvoir d’achat.

L’Écosse compta environ 140,000 chevaux dans les fermes à son maximum, plus un nombre inconnu dans les villes. La plupart d’entre eux étaient des Clydesdale de plus ou moins pure souche. L’année la plus faste vint en 1911 lorsque 1617 étalons furent exportés. Trois ans plus tard, les chevaux Clydesdale étaient enrôlés dans l’armée pour servir lors de la première guerre mondiale. On sait qu’entre 1850 et 1880, un grand nombre des meilleurs étalons et quelques juments de bonne qualité furent exportés tous les ans principalement en Australie et Nouvelle-Zélande. Cependant, c’est seulement après la création du Stud Book que les exportations commencèrent à se compter par centaines. Entre 1884 et 1945, 20 183 certificats d’exportation pour des étalons, des juments et des pouliches furent émis par la Société: les pays importateurs n’étant plus seulement les Dominions mais l’Amérique, l’Amérique du Sud, la Russie, l’Italie et l’Autriche.

La race connut quelques revers de fortune dans certains endroits après la Grande Guerre. En Australie dans les années 1920, le tracteur s’imposa comme priorité, et dans de nombreux cas les barrières des champs étaient laissées ouvertes et les chevaux autorisés à se promener en liberté. Le Clydesdale joua également un rôle en Angleterre. En 1946, plus de 200 étalons Clydesdale y étaient répertoriés et y travaillaient. Cependant, en 1949, ce chiffre avait baissé jusqu’a atteindre 80.

Les conditions en vigueur en Angleterre pendant la Seconde Guerre mondiale nécessitèrent un niveau de productivité maximal de l’industrie agricole. Ceci put être atteint uniquement par l’utilisation extensive de tracteurs et malheureusement les chevaux furent remplacés par la puissance de la mécanique. Pendant les années 1960 et le début des années 1970, la population de la race diminua fortement. En 1975, le Clydesdale fut répertorié comme “vulnérable” par le Rare Breed Survival Trust. Le temps qui passe, et l’augmentation du nombre de naissances, ont fait qu’il est à présent considéré comme “en danger”.

Sources: The Clydesdale Horse Society
Traduction: Maud Vergé/Aurore Moigneau